Processus productifs

Jeff Alexander, président de l'association NCCA (National Coil Coating Association) aux États-Unis, parle du marché, de l'économie et des opportunités commerciales dans le secteur du prélaquage et des métaux prépeints.

Fondée en 1962, l'association américaine NCCA fêtera son 50e anniversaire à l'occasion de sa réunion annuelle qui se tiendra cette année au mois d'avril. Elle compte environ 100 membres, notamment entreprises de prélaquage et des fournisseurs d'éléments essentiels au processus de production : peintures, métaux, prétraitements, matériaux et équipements. Parmi ses membres ne pratiquant pas le prélaquage, on retrouve des sociétés provenant de secteurs d'activité très divers : entreprises de l'industrie chimique, fabricants de résines, bureaux d'étude, fabricants d'équipements, etc.

Objectifs

« Notre principal objectif est de promouvoir l'utilisation de la peinture avant pose et de donner aux membres de la NCCA les moyens d'être plus compétitifs que les autres matériaux et méthodes de revêtement. Cela passe par des opérations marketing, la création d'outils de formation et de sensibilisation, la collecte de données statistiques sur les tendances du marché, le suivi de l'évolution des techniques et de la réglementation, et le développement d'un réseau sectoriel d'entreprises. » Propos de Jeff Alexander, président de la NCCA, recueillis par l'ISMR.

Ces dernières années, la NCCA a remporté quelques victoires dans des domaines tels que les CVC et les fournitures de bureau, mais elle est convaincue de pouvoir trouver d'autres débouchés. Elle fournit différentes ressources et apporte une assistance technique à ses membres afin de promouvoir auprès des fabricants les avantages et le faible coût que représentent les matériaux prépeints.

« Nous nous sommes attachés à démontrer les performances environnementales de la peinture avant pose en tant que processus et nous collaborons actuellement avec une autre association à un projet d'évaluation du cycle de vie de panneaux de construction métalliques. Le processus de prélaquage fera l'objet d'une étude distincte dans ce rapport, » précise Jeff Alexander.

« Nous continuons à affiner notre message marketing et nous ouvrirons dans le courant de cette année un site Web sur les atouts de la peinture avant pose pour présenter ses différents champs d'application. Plusieurs outils d'information inédits sont également en cours de développement, » a-t-il ajouté.

L'association a perfectionné son programme statistique avec un rapport de suivi des importations qui accompagne son rapport de distribution. Seules les entreprises membres ont accès à ces outils d'analyse du marché.

« Nous nous mobilisons aujourd'hui pour nommer un directeur technique capable de coordonner les différentes fonctions techniques du secteur, » confie Jeff Alexander à l'ISMR. « Ce directeur technique sera également chargé de lever les obstacles à l'utilisation de la peinture avant pose dans différents secteurs où la pénétration devrait être plus importante compte tenu des avantages apportés par ce produit. »

Marchés et segments

Grâce à sa rigidité, le métal permet de couvrir des surfaces plus étendues que de nombreux autres matériaux, ce qui offre davantage de liberté dans la conception. De plus, il est possible d'appliquer des couleurs et des motifs via le processus de prélaquage. Le métal prépeint peut donc même prendre des aspects de bois, de cuivre patiné, de vieille ardoise, de fer rouillé, entre autres. Les possibilités sont pratiquement infinies en termes de couleurs, de motifs et de textures.

Le secteur du bâtiment a toujours été porteur pour les matériaux prépeints. Par exemple, le marché de la couverture d'habitations offre des opportunités commerciales pour l'acier et l'aluminium prépeints. La NCCA soutient la MRA (Metal Roofing Association, association de promotion des toitures métalliques) et cherche en permanence des opportunités d'imposer la peinture avant pose dans des applications utilisant la peinture après pose. Cependant, les marchés de la construction sont matures et ils utilisent déjà des produits prélaqués. Ils ont été durement touchés par la crise économique mondiale et il est essentiel de continuer à chercher de nouveaux marchés.

« Nous avons enregistré une certaine reprise sur les marchés de la construction ces deux dernières années, » indique Jeff Alexander à l'ISMR. « La construction de logements est toujours en difficultés, mais les segments des charpentes, de l'architecture, des préfabriqués et des appareils/CVC se sont avérés assez solides. Nous tablons sur une légère croissance en 2012, par rapport à 2011. »

Jeff Alexander nous a également fait part des inquiétudes des sociétés membres de son association aux États-Unis.

« Nos membres sont vraiment préoccupés par le niveau des importations de produits prépeints sur le marché américain. Ces produits sont moins chers à l'achat, mais nombre d'entre eux ne répondent pas aux critères de performance attendus par les clients finaux, » a-t-il expliqué à l'ISMR.

Un regard sur l'environnement

Le secteur du prélaquage participe à la révolution verte depuis longtemps. Les produits prélaqués présentent de réels avantages environnementaux et économiques, par rapport à d'autres applications de finition et de post-finition. Par exemple, cela peut permettre à un fabricant d'éliminer une cabine de pulvérisation ou une étape de poudrage en bout de chaîne. Et les économies potentielles sont colossales en termes de gestion de l'inventaire. En optant pour un produit prépeint (sur les conseils de son centre de prélaquage ou de service), un fabricant peut réduire son inventaire de façon significative et calculer au plus juste le volume de matériau nécessaire dans chaque couleur, sans avoir à stocker de métal superflu. L'utilisation d'un matériau prépeint permet également des économies de main d'œuvre, car cela élimine certaines opérations réalisées en aval de la production.

« De nombreuses opérations écologiques ont été menées dans le secteur du prélaquage, et d'autres sont à venir, explique Jeff Alexander. Nous avons aujourd'hui recours à l'incinération pour éliminer les polluants toxiques, mais nous cherchons également à retirer le chrome de nos processus. Et nous avons largement réduit l'utilisation de formulations contenant du plomb au cours des cinq dernières années.

Depuis quelques années, la demande en revêtements réfléchissants connait une forte hausse. Actuellement, la plupart des revêtements produits aux États-Unis contiennent des pigments réfléchissants. Cela offre aux bâtiments une meilleure efficacité écoénergétique et permet d'obtenir les exonérations fiscales liées à la consommation d'énergie. »

Afin de mettre en avant le véritable coût du prélaquage, la NCCA a créé un outil, un calculateur, permettant aux entreprises de comparer le coût réel de fabrication avec un matériau prélaqué et avec un matériau laqué à posteriori. Cet outil prend en compte tous les frais, notamment les frais cachés (coût environnemental, produits chimiques, main-d'œuvre, etc.), afin d'identifier tous les postes de coût et les économies potentielles. La NCCA organise deux événements majeurs chaque année : une réunion annuelle au printemps, et un salon et une conférence technique à l'automne. Son prochain rendez-vous annuel, pour son 50e anniversaire, se tiendra à Tucson, en Arizona, du 23 au 25 avril 2012. Le salon et la conférence d'automne se dérouleront à St. Louis, du 1er au 3 octobre 2012. Pour la réunion annuelle de 2012, les intervenants seront Alan Beaulieu, célèbre expert en économie, et Bob Weidner, président et directeur général du Metals Service Centers Institute.